Le collier en or et turquoise de la dernière maîtresse de Napoléon
Publié le 06 mai 2026, par Caroline Legrand Gazette DROUOT
Vente le 09 mai 2026 - 14:00 (CEST) - 592, boulevard Albert-Camus - 69400 Villefranche-sur-Saône
Des bijoux historiques ! Selon la tradition familiale, cette parure a été offerte par l'Empereur à la comtesse Albine de Montholon, puis conservée jusqu’à aujourd’hui dans sa descendance.
Composée d’un collier, d’un diadème et d’un bracelet jonc, cette parure du début du XIXe siècle présente un poinçon d’orfèvre non identifié, mais est toujours conservée dans son écrin, postérieur à sa confection, orné des initiales « M.L.C ». Ces dernières correspondent à la comtesse de Masin, descendante directe du comte et de la comtesse de Montholon. Offerts, selon la tradition familiale, à la comtesse Albine de Montholon par Napoléon Ier lors de sa captivité sur l’île de Sainte-Hélène, ces bijoux furent ensuite conservés par descendance directe de sa fille Napoléone de Montholon-Semonville (1816-1907), vicomtesse de Couëdic de Kergoualer, puis via la comtesse de Masin jusqu’aux actuels propriétaires. La comtesse est une figure majeure des dernières années de la vie de l’Empereur, ayant été l’objet de nombreux écrits et de bien des fantasmes.
Issue de la petite noblesse montpelliéraine, elle est la cousine de Jean-Jacques Régis de Cambacérès, deuxième consul en 1800 puis président du Sénat et du Conseil d’État. Épouse du baron Louis-Pierre Edouard Bignon, elle divorce, à 19 ans, puis se marie au baron Daniel Roger. Mais son coup de foudre en 1808 avec le général Charles-Tristan de Montholon la pousse à quitter le domicile conjugal. La suite est plus étonnante, et plus marquante. Le couple Montholon est admis parmi les compagnons d’exil de l’Empereur sur l’île de Sainte-Hélène, en 1815. Un choix surprenant, qui laissera de nombreuses questions sans réponse et une rumeur, faisant du général un agent double au service des Bourbons. Quoi qu'il en soit, il devient rapidement un mari trompé, puisque Albine, âgée de 37 ans et rare femme de sa classe sur l’île, devient la maîtresse de Napoléon.
Durant leur relation naîtra en 1818 la seconde fille de la comtesse, Joséphine, qui décédera à 20 mois et dont le père pourrait être le souverain. Au bout de quatre années passées sur l’île, Albine de Montholon rejoindra finalement la France, un retour peut être provoqué par la découverte par Bonaparte de sa liaison avec le lieutenant-colonel Basil Jackson. Elle repartira avec pas moins de 140 000F en poche, ainsi qu'une pension annuelle, tandis que son mari restera sur l’île jusqu’à la mort de l’Empereur en 1821. D’aucuns vont même jusqu’à penser que, jaloux, il l’aurait empoisonné…