Roland PENROSE (1900-1984). - Lot 87

Lot n° 87
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Estimation :
8000 - 12000 EUR
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Résultat : 30 000EUR
Roland PENROSE (1900-1984). - Lot 87
Roland PENROSE (1900-1984). White Bird, 1947. Huile sur toile. Signé en bas à droite. 45 x 38 cm. Au dos étiquette du British Council portant le n°BC53 et les indications " Collection Diane Deriaz " et " Exhibition : Barcelone, 1981 ". Nous remercions M. Antony Penrose qui nous a confirmé que l'oeuvre a été présentée à l'exposition du Arts Council à Londres en 1980 sous le n°48 et en 1981 à la rétrospective Roland Penrose à Barcelone à la Fondation Miro sous le n° 53. Expositions : -1981, Rétrospective Roland Penrose, Barcelone, Fondation Miro, oeuvre exposée sous le n°53. -1980, Exposition Roland Penrose du Arts Council, Londres, oeuvres exposée sous le n°48. Provenance : -Collection Diane Deriaz, Paris. Huile sur sa toile d origine, châssis d origine Aucun repeint visible à l examen sous UV Quelques petites usures en périphérie, en particulier sur le bord gauche. Un petit frottement ancien au centre partie basse à droite de la queue de l oiseau Un autre frottement très léger en haut au mileur du bord supérieur Des petites griffures en bas dans les parties bleues Quelques infimes manques de matière picturale partie droite et en haut angle gauche 2 très légers enfoncements avec un début de soulèvement de la couche picturale, en dessous de la tête du chat et en haut à gauche entre la lampe et le mur L oeuvre ne semble pas avoir été vernie. Un encrassement général dénature quelque peu l intensité des couleurs L oeuvre est en bon état général. POUR ENCHERIR EN LIGNE SUR DROUOT ou INTERENCHERES: MERCI DE DEPOSER UNE CAUTION DE 2000 EUROS SUR NOTRE SITE Né en 1900 à Londres, Roland Penrose évolue dans un milieu privilégié d'esthète : son père est un portraitiste reconnu. Après des études d'architecture à l'Université de Cambridge il quitte son pays natal et s'installe en 1922 à Paris et intègre assez rapidement le milieu surréaliste. Ami de Paul Eluard, Max Ernst ou encore André Breton, il rencontre Valentine Boué, poète surréaliste, qui deviendra sa première femme. De retour en Angleterre il fondera le London Bulletin, sera à l'origine de la présentation de Guernica de Picasso à Londres, restera un fervent défenseur du Surréalisme dans son pays et oeuvrera avec sa seconde épouse Lee Miller à la promotion de la création contemporaine en créant l'I.C.A (Institute of Contemporary Arts). Les dernières années de sa vie seront marquées par la publication de nombreux ouvrages consacrés à ses artistes préférés : Picasso, Miro, Man Ray ou encore Tapiès. L'huile sur toile que nous présentons date de 1947 et porte toutes les composantes du Surréalisme. Cette oeuvre fut présentée successivement aux expositions de 1980 et 1981 consacrées à Penrose à Londres puis Barcelone. La propriétaire était alors Diane Deriaz, maîtresse de l'artiste à partir de 1947. D'abord trapéziste, elle devint l'amie parfois même la muse des Surréalistes et des grands noms de l'avant-garde : Picasso, Max Ernst, Man Ray qui la photographia ou encore Paul Eluard. Intitulée White Bird, la scène représente un oiseau blanc perché en haut d'un escalier, promontoire depuis lequel il domine la scène qui se déroule en bas : un chat le regarde fixement de ses deux yeux jaunes tandis qu'apparaissent dans le coin supérieur droit le pied d'un homme et son ombre. Le regard surplombe ainsi cet oiseau, fragile et isolé, flottant au-dessus d'une cage d'escalier angoissante aux couleurs franches et acidulées. Penrose adopte ici une vue plongeante au coeur de laquelle il déploie une perspective écrasée qui nous fait descendre au coeur d'une scène intrigante presqu'inquiétante mais sûrement vertigineuse. Dans cette oeuvre Penrose se joue habilement de la perspective et des effets de profondeur traditionnellement recherchés dans ce type de vue plongeante. Au premier regard, la scène semble se dérouler sur un même plan. Pourtant l'agencement des éléments et des personnages dessinent une vue tourbillonnante par des jeux de lignes obliques, de verticales et d'horizontales qui se croisent et s'entrechoquent de la même manière que les différentes plages colorées. Cette distorsion visuelle crée une sensation étrange jouant à la fois sur le vertige et sur l'enfermement. Penrose construit l'espace du tableau de manière très architecturale et crée non pas un effet illusionniste de profondeur et de perspective mais un véritable processus d'aspiration des acteurs de la scène mais aussi du spectateur. Cette cage d'escalier, travaillée avec soin, semble attirer irrésistiblement vers le bas, comme si elle était un gouffre métaphorique aspirant le regard du spectateur. L'espace devient à la fois menaçant et hypnotique, renforçant un sentiment d'étrangeté propre au surréalisme. À bout de cette inquiétante spirale un chat apparaît, figé dans une attitude menaçante ou prédatrice, fixant intensément l'oiseau. Ce regard ajoute une
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